Salles n° 7 à n° 9 - La République face aux crises


Après la fondation douloureuse de la République de Weimar et la signature du traité de Versailles le 28 juin 1919, les élites démocratiques allemandes sont confrontées à de nombreuses crises économiques, politiques et sociales menaçant la stabilité du régime : les extrémistes de gauche comme de droite instrumentalisant les grèves et les émeutes populaires contre la famine en 1919 et 1920, les tentatives de putsch militaires et paramilitaires à Berlin (1920) et à Munich (1923) et les assassinats politiques dont sont par exemple victimes Mathias Erzberger (26 août 1921) ou Walther Rathenau (ministre des Affaires étrangères, assassiné le 24 juin 1922).

Pour obliger le gouvernement allemand à payer les réparations imposées par les Alliés en 1919, la France et la Belgique décident unilatéralement, en janvier 1923, d’occuper le cœur économique de la République entre la région de Karlsruhe au sud et la Rhénanie au nord. En réaction, le gouvernement allemand, de même que la presse et l’opinion publique, proclament la résistance passive : cela conduit à des grèves, des incidents et des actes de sabotage contre la présence militaire. L’occupation et la résistance conduisent l’Allemagne au désastre économique qui se manifeste par une hyperinflation. [salle 7]

En cette année 1923, la démocratie allemande se trouve au bord de l’abîme. Ce n’est qu’en usant systématiquement des droits que la Constitution lui confère que Friedrich Ebert parvient, en coopération avec le gouvernement, à empêcher la chute de cette jeune République que beaucoup n’apprécient pas.

Ebert, conscient que dans la population nombreux sont ceux qui regrettent l’Empire, installe un style modeste et cherche à imposer une culture républicaine en Allemagne. [salle 8] Mais certains veulent faire tomber la jeune démocratie et intriguent contre le président Ebert qui incarne et symbolise pour eux le nouvel État impopulaire, lançant une violente campagne de calomnies. [salle 9]
Ebert est obligé de conduire plus de 200 procès pour sauver son honneur – pas toujours avec succès.